Écrit par L'équipe de Décoll'âges

Qui êtes vous / qui se cache derrière votre projet ?

Nous sommes deux frères : je m’appelle Thomas, je suis judoka et après une formation dans le domaine de la finance, j’ai décidé de me consacrer à une problématique qui avait plus de sens pour moi. Mon frère, Guillaume, est kinésithérapeute et champion de France de judo. Ensemble, nous avons décidé de créer Saparman afin d’offrir une solution ludique et originale à la problématique des chutes chez les personnes âgées. En effet, c’est en voyant nos grands-parents chuter et perdre en autonomie que nous avons souhaité approfondir le sujet et nous servir de nos expériences personnelles, sportives et professionnelles pour créer un programme adapté.

A quel·s enjeu·x votre projet répond-il ?

On s’est tout d’abord appuyés sur les chiffres de l’INSERM qui émanent des chutes. Déjà, plus d’⅓  des plus de 65 ans tombent au moins une fois par an, ce qui entraîne une hospitalisation dans 40% des cas. Celles-ci représentent un coût pour la société estimé à 2 milliards d’euros. Un chiffre a notamment attiré notre attention : la mortalité à 6 mois d’une personne passant plus d’une heure au sol est multipliée par 2. Il nous semblait nécessaire d’apporter une solution différente des ateliers plus classiques en prenant en compte la globalité de la chute : avant en améliorant tous les paramètres de l’équilibre, pendant en apprenant à se protéger en tombant et après en démystifiant le passage au sol et en leur apportant des outils et astuces afin de pouvoir se relever. Nous nous sommes naturellement orientés vers le judo que nous pratiquons tous les deux. C’est un sport dont le but est de ne pas tomber mais surtout de savoir chuter sans se faire mal. Aussi, cette discipline combine des habiletés comme la coordination, la force, la souplesse, la proprioception et le travail en double tâche qui sont des qualités nécessaires au bon maintien de l’équilibre lors des activités de la vie quotidienne. De plus, c’est une activité qui se pratique debout, mais aussi au sol, et des exercices y sont réalisés pour permettre d’accroître la mobilité et de démystifier le passage au sol.

Comment ? Pitchez votre projet à… vos grands-parents !

Tout d’abord, il faut les rassurer concernant les arts-martiaux et leur expliquer que les séances sont très adaptées, très progressives et surtout réalisées par des professionnels diplômés du sport santé. Ensuite, le but est de les faire adhérer au projet sur le long terme. L’originalité de l’atelier en kimono sur des tatamis leur donne l’impression de ne pas participer à une simple séance de prévention mais à un véritable cours de judo, taïso ou self défense. Ainsi les participants s’évadent le temps d’une séance tout en améliorants leurs capacités physiques. C’est aussi un atelier convivial en petit groupe qui permet de rencontrer de nouvelles personnes. Il faut savoir que les arts martiaux sont vecteurs de lien social car les participants travaillent à deux, et prêtent attention à leur partenaire, comme il fait attention à eux. Des bilans initiaux et finaux sont réalisés au cours du programme afin de mesurer la progression des participants et les axes de travail à privilégier.

Pourquoi avoir sollicité le soutien de la CNAV IDF et AG2R LA MONDIALE ?

La CNAV et AG2R sont des acteurs bien ancrés dans l’écosystème du bien vieillir, participer et être lauréat nous permet de gagner en crédibilité, de renforcer notre image pour faciliter la collaboration auprès de nouveaux partenaires. Nous espérons nous démarquer par rapport à notre originalité et notre sérieux. Nous souhaitons aussi pouvoir collaborer et proposer une suite à des dispositifs existants en Ile-De-France comme ceux du PRIF.

Quelles sont les prochaines étapes de votre projet ? Que voulez-vous avoir accompli dans 1 an ?

D’ici fin 2021 nous aimerions avoir mis en place une centaine de programmes auprès de résidences autonomies et collectivités grâce au suivi et au soutien de la Silver Valley. Nous aimerions aussi nous diversifier et devenir les spécialistes de la prévention des chutes pour les seniors et réaliser des formations pour le personnel en EHPAD par exemple. A long terme notre objectif est qu’un maximum de personnes âgées restent autonomes en vieillissant, en bonne santé, et pourquoi pas spécialistes des arts-martiaux !

Décoll’âges est une communauté aux profils variés et ouverte à tous, mobilisée autour d’une boîte à outils pour porteurs de projet et d’ateliers de rencontre entre entrepreneurs, experts et bénéficiaires.