Pour se reconvertir en cuistot, apprendre la langue de Molière de zéro ou assumer son côté geek, pas besoin de faire partie de la Gen-Z. Au contraire, le passage à la retraite est le meilleur moment de se reconvertir.

OMA&OPA, les Re-traiteurs en cuisine !

C’est devant une bonne blanquette de veau fait maison que Cécilia écoute son père qui a du mal à franchir le cap de la retraite, période souvent synonyme de solitude et perte de revenus. Face aux fourneaux, Cécilia a alors une idée : associer alimentation, travail, inclusion et bien vieillir. 

OMA&OPA (grand-mère et grand-père en allemand), c’est un service de traiteur opéré par une brigade de retraité·es reconverti·es autour du plaisir de cuisiner. Pour rejoindre l’équipe, 80% décident complètent leur savoir-faire culinaire avec un CAP. Puis, les retraiteur·ses opèrent plusieurs services en fonction de leurs disponibilités et créativité : constitution de plateau-repas, livraison de buffet en entreprise ou service de traiteur pour pros ou particuliers. 

Rapidement, la brigade de retraiteur·ses fait fureur et obtient le soutien de l’Assurance Retraite Ile-de-France. Pourquoi cette reconversion séduit autant ? Le passage à la retraite vient avec son lot de craintes sociales et financières : pertes de revenus, de statut social, réinvention de soi, solitude… 10% des retraité·es (16 millions en 2024) ont un statut d’auto-entrepreneur·se pour continuer leur activité. Mais grâce à cette nouvelle carrière de seniors gourmets, une stabilité financière est retrouvée et un nouveau cercle social est créée ! 

La cuisine n’a pas d’âge, juste des saisons

Cécilia, qui est passée chez Too Good To Go, connaît les ravages du gaspillage alimentaire. L’ADN d’OMA&OPA allie donc impact social et impact environnemental. Les menus sont saisonniers et 0 déchet. Grâce à un partenariat avec ReUse, les contenants sont réutilisables ou recyclables. 

Grâce au soutien de l’Assurance Retraite Ile-de-France, Cécilia déploie aujourd’hui son service de traiteur partout dans Paris et fait de la retraite une fête. Les cuistos reconvertis sont des vraies stars : ils passent à la télévision et remplissent même les assiettes à ChangeNOW. En à peine quelques années, la brigade compte 18 retraiteur·ses et 150 entreprises conquises. Prochaine étape : une nouvelle antenne à Lyon en 2026.  À quand un top chef de brigades post-retraite ? 

La Maison des femmes, les ateliers tous horizons, toutes générations

À Asnières-sur-Seine, les portes de la Maison des femmes sont ouvertes depuis les années 90. Ici, les femmes issues de l’immigration trouvent des formations, activités et soutiens en fonction de leurs besoins. D’abord, avec l’apprentissage du français. Cette maîtrise est obligatoire pour obtenir les papiers de résidence en France, que ce soit pour les primo-arrivantes ou celles qui veulent entamer des démarches de naturalisation. “Certaines femmes  de 65-70 ans sont arrivées en France dans les années 70 ou 80, mais n’ont jamais appris le français, souvent parce qu’elles se sont concentrées sur le domicile et l’éducation des enfants. Une fois ceux-ci partis, elles viennent vers nous pour apprendre le français ou pour créer des liens sociaux ” explique la directrice Magali Yao.  

Soutenue par l’Assurance Retraite Ile-de-France, la maison des femmes propose un accompagnement de ces femmes immigrées du 3ème âge, souvent isolées des cercles socio-professionnels, ne maîtrisant ni la langue ni les codes culturels. Des médiatrices sociales salariées assurent des permanences pour les accompagner dans les démarches d’accès aux droits au sens large :  renouvellement de titre de séjour, demande de nationalité, de prestations CAF, d’accès à la retraite, aux allocations minimum vieillesse, etc. De longues procédures complexes pour celles qui méconnaissent les rouages de l’administration française (c’est-à-dire plus ou moins l’ensemble de la population, non ?) ou éloignées du numérique.

Créer et bouger pour encore mieux s’intégrer 

La programmation n’est pas seulement centrée sur l’administratif, elle est créative, culturelle et collective. Le lundi, on peut participer à un atelier de nutrition, revenir le mercredi matin pour se réveiller avec le cours de “yoga boxe” de Nour (projet également soutenu par l’Assurance Retraite Ile-de-France qui sera mis en place à la rentrée de septembre), s’inscrire au cours de modelage sur argile du vendredi ou simplement venir prendre un thé “entre copines”. 

Aujourd’hui, la Maison des femmes à Asnières accueille ​​150 femmes par an de plus de 35 nationalités différentes. “Certaines sont là depuis des années, d’autres sont uniquement de passage. C’est vraiment gratifiant pour l’équipe de voir des amitiés fortes et une solidarité entre des femmes qui ne parlent même pas la même langue. Quand on les voit sortir ensemble de la maison, dossiers sous le bras, on sait que notre mission est réussie”

Colombbus, en route vers l’inclusion numérique

15% des plus de 15 ans en France sont en situation d’illectronisme, un pourcentage qui grimpe à 33% pour les plus de 60 ans. Pourtant, la maîtrise du digital est aujourd’hui indispensable pour communiquer avec ses amis ou sa famille, remplir des dossiers administratifs ou simplement jeter un œil à son compte en banque. 

Pour permettre aux aîné·es de manier le digital et pianoter en toute dextérité, l’association Colombbus s’est installée dans le 10ème arrondissement de Paris et propose ateliers, formations et accompagnements aux différents usages numériques. Ici, pas de théorie, on passe directement à la pratique. Un·e médiateur·rice numérique est présent·e avec les équipements (écrans, claviers et souris), que les retraité·es manieront presque aussi bien que la GenZ. 

Au menu : 5 ateliers d’autonomie numérique de 3h basés sur 5 compétences clés : environnement numérique (savoir se repérer sur un bureau, utiliser un clavier et une souris), navigation internet, bureautique et traitement de texte (écrire un mail), envoyer des pièces jointes et la sécurité (repérer les spams, activer le cadenas de la barre de recherches). 

Vaincre la peur des ordinateurs

En complément des accompagnements  collectifs, l’association Colombbus a fait appel à l’association Ressac Volontariat en proposant un accompagnement personnalisé aux préretraités et retraités ayant des difficultés de démarches pour valider leur passage à la retraite.

Grâce notamment au soutien de l’Assurance Retraite Ile-de-France, et à d’autres partenaires institutionnels et associatifs, les ateliers sont gratuits, accessibles et ouverts à tous·tes. Un critère non négligeable quand on sait que précarité et illectronisme sont intimement liés. Prochain objectif : ouvrir de nouveaux centres dans d’autres arrondissements de Paris, voire en périphérie, pour équiper encore davantage les personnes éloignées du digital. 

L’Assurance Retraite Ile-de-France soutient une diversité de projets innovants pour les retraités autonomes en Île-de-France avec son appel à projets « Innover pour la longévité ». Ces initiatives, portées par des personnes passionnées, visent à enrichir la vie sociale, le bien-être et l’autonomie des retraités. Parmi les projets soutenus, on trouve des ateliers chaleureux, des plateformes numériques conviviales, des solutions de réalité virtuelle immersives et des applications GPS inclusives. L’objectif est de favoriser un vieillissement en bonne santé et de lutter contre l’isolement, en particulier pour les jeunes retraités, les retraités isolés ou en situation de précarité. Ensemble, nous pouvons transformer le quotidien de nos aînés pour un avenir plus radieux !

Sandra Sicé, Assurance Retraite Ile-de-France.

À lire aussi